Né dans une famille bourgeoise et protestante, orphelin de père à un an, Roland Barthes passe son enfance à Bayonne puis à Paris. Après une licence de lettres classiques en Sorbonne, il renonce à l’agrégation pour cause de tuberculose. Ses longs séjours en sanatorium (1941-1946) seront pour lui l’occasion d’une vie intellectuelle intense : il lit et annote tout Michelet, découvre Sartre, Marx, Lénine et Trotski ; il y donne ses premières conférences (sur Baudelaire, Whitman, Michaux, (...)
Alain, philosophe disait : « Ce n’est pas communiquer que communiquer seulement ce qui est clair. Ce choix est injurieux. Et c’est par là que ce qui est mis à la portée de l’enfant ne touche jamais l’enfant. Moi aussi je suis un enfant. J’ai besoin d’un auteur qui croie en moi autant qu’en lui-même. Au moins autant. » (Propos, Communiquer) Chacun a pu constater que le tout petit d’homme, très tôt, se pose et pose des questions très embarrassantes comme « D’où on vient ? », « Pourquoi on meurt ? », « Pourquoi il y a des vaches dans la vie ? », « Pourquoi je suis belle ? »… Plus tard, quand il devient un peu moins « petit d’homme » et alors qu’il n’a eu que peu ou pas de réponse, il abandonne. Nous avons voulu savoir si ces grandes questions n’étaient plus d’actualité pour lui, ou si, au contraire il les avait rangées bien loin au fond de sa mémoire. Ces questions, et bien d’autres, des professionnels de la pensée les ont travaillées. Ce sont les philosophes. Mais il n’est pas dans l’habitude adulte de faire se rencontrer enfants et philosophes. C’est donc en prenant appui sur l’existence de ces « questions métaphysiques » chez l’enfant mais aussi de ne pas être sur un choix « injurieux » envers eux que nous avons organisé cette rencontre.
Fabriquer de la Phizolophie